Catégorie : L’histoire des Maisons de Champagne

Début et fin de l’histoire du Champagne Juglar

Bouchon provenant du lot de bouteilles retrouvées dans la mer Blatique

On voit la marque Juglar inscrite sur le bouchon avec une ancre similaire au logo Veuve Clicquot.

 

C’est début 1800 que l’histoire du Champagne Juglar commença.

François-Felix Juglar et Memmie Jacquesson s’associent dans le commerce des vins mousseux (à cette époque le mot mousseux désignait les vins de Champagne).

Leurs premiers travaux ont été d’acheter un terrain pour y faire construire leurs futures caves, ils recherchaient une parcelle de terrain escarpée pour faciliter la construction de leurs caves.

Les Hopitaux Unie de Châlons avaient justement mis en vente une parcelle située sur le flan de la butte du Mont-St-Michel, c’est à ce moment que les 2 associés ont décidé d’acheter la parcelle.

En 1802 les travaux de construction des caves commencèrent, le plus gros travail a été de creuser dans la falaise de craie du Mont-St-Michel afin de pouvoir jouir d’une température constante dans les futures caves.

 

Ensuite, la société prit rapidement de l’extension, le commerce des vins mousseux de Champagne étaient à cette époque favorisé par les guerres napoléoniennes qui propageaient dans toute l’Europe l’art de vivre à la Française.

Napoleon Bonaparte lui-même appréciait « Le bouquet et la saveur fruitée d’une flûte de Jacquesson ». Napoléon à de nombreuses reprises eu l’occasion de boire des vins de Champagne, au lendemain de Wagram, aux Tuileries, à son mariage avec Marie-Louise ou encore à la naissance d’Aiglon (futur roi de Rome).

Entre 1805 et 1810 Jacquesson et Juglar étendaient leurs commercialisations, ils expédiaient leurs vins dans plusieurs pays du nord notamment, principauté Allemande, pays scandinaves, Autriche et Pologne.

Le 29 mars 1829, François-Felix Juglar vendait à Memmie Jacquesson sa part sur les constructions et les caves construites en commun depuis 1802 pour la somme de 12 000 francs.

Ceci sonnait la dissolution du Champagne Juglar ainsi que sa marque et la marque « F.F. Juglar » disparue.

 

Histoire du Champagne Jacquesson

L’histoire du Champagne Jacquesson commence à Châlons-sur-Marne (Châlons-en-Champagne de nos jours) en 1798 sous l’impulsion de Claude Jacquesson et de son fils Memmie Jacquesson.

Dans la même période Claude et Memmie Jacquesson font creuser des caves dans la colline Mont Saint Michel toujours à Châlons-sur-Marne pour pouvoir élaborer leurs futurs Champagnes. C’est ensuite que le Champagne Jacquesson commence à réellement se développer en France puis dans les pays étrangers.

En 1804, Memmie Jacquesson va s’associer avec son cousin François Félix Juglar qui va l’aider à développer l’entreprise qui connaît beaucoup de succès. Également, une petite partie de la production va se vendre sous la marque F.F. Juglar qui disparaîtra après avoir été absorbée par le Champagne Jacquesson en 1829.

Le Champagne Jacquesson devient le Champagne préféré de Napoléon Bonaparte, qui décerna une médaille d’or à Félix Juglar ainsi qu’à Claude et Memmie Jacquesson en 1810.


En 1832 le fils de Memmie Jacquesson, Adolphe, rejoint l’entreprise familiale qui se verra ajouter la mention « & Fils » pour donner le Champagne Jacquesson & Fils.

Le jeune Adolphe entreprit beaucoup de travaux pour maintenir la qualité et les prix de ses Champagnes, il a notamment inventé le muselet et la capsule champenoise. À cette époque les bouteilles conservées en cave ainsi que celle qui étaient expédiées subissaient des chocs pendant la manutention et le transport, ce qui avait pour conséquence de faire sauter les bouchons. Autre facteur, la ficelle de chanvre utilisée pour maintenir les bouchons pourrissait dans les caves et avec la pression les bouchons sautaient.
C’est à ce moment qu’Adolphe eut l’idée d’utiliser des rondelles de fer blanc ainsi que du fil de fer pour tenir les bouchons, la capsule et le muselet étaient inventés.

Croquis d’accompagnement du brevet d’invention du muselet et de la capsule.

Adolphe Jacquesson inventa également une machine pour rincer mécaniquement les bouteilles, ainsi que des réflecteurs pour éclairer les caves. Toutes ses inventions ont été inventées et brevetées par Adolphe. En 1867 la production du Champagne Jacquesson & Fils atteignait 1 million de bouteilles.

Fin des années 1960 un drame vient perturber la maison Jacquesson & Fils, le décès des 2 fils d’Adolphe. Cet événement va contraindre Adolphe Jacquesson de placer son entreprise sous la responsabilité de trois notables. Petit anecdote, avant le drame, le Champagne Jacquesson avait pour directeur de cave Johann-Joseph Krug qui avant de créer sa propre maison de Champagne (Champagne Krug) a longtemps aidé à l’élaboration des vins chez Jacquesson.

En 1974 la maison est acheté par la famille Chiquet.

Elle est aujourd’hui dirigée par Jean-Hervé et Laurent Chiquet qui ont considérablement fait évoluer les méthodes de vinification avec des fermentations dans des foudres en chêne par exemple. Jean-Hervé et Laurent Chiquet maintiennent volontairement la production à 350 000 bouteilles par an, pour garantir une très bonne qualité des Champagnes de la maison.

Le succès du champagne en 1966

La Champagne vient de dévoiler de très bons chiffres pour l’année 2011, un chiffre d’affaires de 4,4 milliards d’euros avec une progression de +7 %, cette progression a été portée par les exportations de Champagne qui ce sont tenues.

Mais le Champagne ce portait bien également en 1966, car 83 millions de bouteilles ont été vendues en 1966 (323 millions en 2011). Voici une vidéo d’archive qui vous fera voyager dans le temps avec le Champagne !

L’histoire du Champagne Bollinger

Une histoire de famille :

L’histoire de Bollinger commence lorsque la famille Hennequin de Villermont s’installe à Ay en 1650. Dès les années 1700 la famille produit déjà un Champagne (vin mousseux à l’époque).

Après son retour de la guerre d’indépendance des États-Unis d’Amérique, Athanase Louis Emmanuel Hennequin (Comte de Villermont) officier de la marine, s’associe en 1829 avec Paul Renaudin et Jacques Joseph Bollinger dans la fabrication de ce vin mousseux qui deviendra plus tard un Champagne de grande renommée. Pour des raisons aristocratiques Louis Emmanuel Hennequin (Comte de Villermont) ne souhaite pas faire apparaitre son nom sur les bouteilles : la marque « Bollinger-Renaudin » voit donc le jour. Après la mort de Paul Renaudin, sans enfant, le nom Renaudin reste sur la marque jusque dans les années 1960.

En 1837 Jacques Joseph Bollinger épouse Charlotte de Villermont, ensemble ils auront 4 enfants, Joseph, Georges, Marie et Henriette.

C’est grâce aux 2 garçons de Jacques Joseph Bollinger, Joseph et Georges que la maison va prendre un réel tournant. Ils achètent plusieurs vignobles pour agrandir le domaine. Par la suite les commandes de plusieurs cours royales européennes leur créent une notoriété.

En 1918, après la guerre le fils de Georges Bollinger, reprend la maison Bollinger. Il s’appelle Jacques, comme le premier prénom de son grand père.

En 1923, Jacques Bollinger épouse Elizabeth Law de Lauriston Boubers, de son surnom Lily. Son père étend le domaine familial en rachetant des terres pour arriver à 165 hectares de nos jours.

Portrait de Elizabeth Bollinger exposé dans la maison du Champagne Bollinger


Après le décès prématuré de son mari Jacques Bollinger, Elizabeth Bollinger prend donc les reines de la maison. Celle que l’on surnommait « Tante Lily » qui avait pris pour habitude de sillonner les vignes à bicyclette a marqué l’histoire du Champagne Bollinger, quelle dirigea jusqu’en 1971.

C’est notamment elle qui avec le millésime 1969 créa la célèbre cuvée « Vieille vigne française » qui a la particularité d’être conçue avec 2 parcelles de Pinot Noir franc de pied, c’est-à-dire sans greffage. La 3éme parcelle a été arrachée il y a peu car le phylloxéra encore présent dans les sols a décimé cette parcelle dit de « Croix Rouge » sur la commune de Bouzy.  La production était d’environ 3000 bouteilles jusqu’en 2006, après le clos ne pourra plus produire que 2000 bouteilles.

C’est aussi elle qui fera la cuvée « Grande année » ce qu’elle est actuellement, c’est-à-dire produite seulement lors des meilleurs millésimes. Elle est vieillie au moins 5 ans en cave avec bouchage liège, une fermentation en petits fûts qui sont chers au Champagne Bollinger et surtout à son style. C’est à partir de la cuvée « Grande Année » que Lily Bollinger conçut la cuvée R.D (Récemment Dégorgée). C’est en fait une cuvée « Grande Année » qui passe au minimum 8 ans en cave sur lies, sur les levures qui ont permises la prise de mousse, ce qui donne à la cuvée R.D des arômes plus précis, voluptueux et plus fins.

De nos jours Bollinger est synonyme de luxe, de savoir-faire. Les Champagnes Bollinger apparaissent dans les films de Ian Fleming où le Champagne préféré de James Bond n’est autre que la Grande Année.

 

 

L’histoire du Champagne Krug

L’histoire d’une maison de Champagne hors du commun, des Champagnes fabuleux et surtout un style que j’apprécie et qui reste le même pour les cuvées millésimées.

La maison de Champagne Krug voit le jour en 1843, elle a été fondée par Jean-Joseph Krug, né à Mayence, mais naturalisé français en 1848. Son fils Paul en 1880 vendait sa « Private Cuvée » en Angleterre pour 6 shillings la bouteille, déjà de grande qualité ce Champagne augmenta de 5 shillings la caisse 1 an plus tard. Le fils de Paul, Josheph II, reprit à son tour la direction de la maison, mais il fut comme beaucoup de champenois prit dans le tourbillon de la guerre où il fut prisonnier au cours de la bataille des Ardennes. En son absence, son épouse Jeanne supervisa l’élaboration du millésime 1915 historique, exclusivement composé des cépages Pinot Meunier et Pinot Noir car les Chardonnays de la Côte des Blancs arrivaient pas jusqu’a Reims. Le fils de Joseph, Paul commença à travailler en 1935 pour la firme rejoignant son père, Joseph et son cousin Jean Seydoux.

Il en devient directeur général en 1941 tandis que son père Joseph prit sa retraite. Paul a conduit Krug vers une ère nouvelle. Il estime que pour avoir un contrôle sur la proportion de ses besoins ainsi que sur la qualité des approvisionnements le Champagne Krug doit posséder des vignes. Entre 1970 et 1972 il achète 15,87 ha de vigne classé 100% dans la Côte des Blancs le Clos Tarin qui deviendra quelques années plus tard la célèbre parcelle du clos du Mesnil qui a une surface de 1,87 ha ainsi qu’à Aÿ.

De nos jours Krug appartenant à LVMH c’est 21 ha de vigne toujours en Grand Cru 100%, une vinification en petit fût de 205 litres fabriqués avec du chêne de la forêt d’Argonne qui ont une moyenne d’age de 35 ans.

Le vieillissement en moyenne est de 6 ans. Les années peuvent différer d’un millésime à l’autre car l’évolution du Champagne doit au moment de sa commercialisation refléter le style Krug à la perfection. Les vins de réserve sont conservés dans des cuves inox de 40 hl, l’inverse de chez Louis Roederer.

Krug n’intervient pas sur les fermentations malolactiques. Soit elles se font dans les fûts ou sinon vu que les durées de vieillissement sont long, elle se font dans les bouteilles après la prise de mousse.

Les cuvées :

La Grande Cuvée : Cheval de bataille de Krug, elle représente 80% de la production, composée de 50 vins différents choisis parmi 8 millésimes. La proposition de cépages varie selon la cuvée, 45 à 55% de Pinot Noir, 10 à 15% de Pinot Meunier et 35 à 45% de Chardonnay.

Krug Millésimé : La proportion des différents cépages varie manifestement en fonction du millésime. Le millésime chez Krug représente les caractéristiques de chaque année avec toujours le style Krug.

Krug Clos du Mesnil : Cuvée 100% Chardonnay (Blanc de Blanc). Le premier millésime date de 1979. Produite en petite quantité ( moins de 10 000 bouteilles) cette cuvée provient en totalité de la parcelle dite du Clos du Mesnil située dans la commune du Mesnil-sur-Oger.

Krug Clos d’Ambonnay : Cuvée 100% Pinot Noir (Blanc de Noir) elle est produite en quantité encore inférieure à la cuvée Clos du Mesnil, aux alentours de 1500 bouteilles, son prix est d’approximativement 3000€ (l’unité).

 

L’histoire du Champagne Billecart-Salmon

Les Billecart sont une vieille famille implantée à Mareuil-sur-Aÿ depuis le XVIe siècle, aujourd’hui ils sont toujours présents à Mareuil-sur-Aÿ dans de magnifiques bureaux et jardin. Le nom Salmon vient plus tard en 1818 lors de la fondation de la maison par Nicolas-François Billecart qui épouse Élisabeth Salmon.

La marque Billecart-Salmon est dans ses débuts connue surtout sur le marché russe ou Nicolas-François Billecart est le porte-étendard de la marque. De nos jours resté maison familiale la maison de Champagne Billecart-Salmon est dirigée par François Roland-Billecart et celui qui perpétue le style de la maison, François Domi, le chef de cave.

La maison Billecart-Salmon garde ses traditions et qualités tout en développant leurs productions, leurs élégantes bouteilles à l’ancienne qui servent depuis la création de la maison aux les cuvées, millésimé, rosé et le blanc de blanc millésimé sont toujours d’actualité de même pour les étiquettes qui ont certes été modifiées, mais qui garde toujours les mêmes lignes.

La maison ne possède que peut de vigne, à quelques exceptions près, une vigne de pinot noir sur Mareuil-sur-Aÿ. Mais la maison a des contrats d’approvisionnement avec des vignerons dans de très bons secteurs, pour le chardonnay, Avize, Cramant, Le Mesnil-sur-Oger, Vertus pour la côte des blancs et Rilly-la-Montagne, Verzenay et Venteil pour les pinots noirs.

Histoire du pionnier de la biodynamie, le Champagne Fleury

C’est à Courteron dans le vignoble de la côte des Bars, dans l’Aube, que l’histoire du Champagne Fleury débute, un seul mot pour décrire leurs buts, l’innovation !

Dans les années 1900 Émile Fleury vigneron et surtout pépiniéristes, après avoir vu les dégâts provoqués par le phylloxera il décide d’implanter au sein de son vignoble des pinots noirs greffés pour résister à cet insecte et a sa maladie.

C’est en 1929 après une crise économique et donc une chute du prix des raisins que Robert Fleury décide de vinifié sa propre production pour en faire un Champagne.

Mais c’est en 1970 que le Champagne Fleury va avoir une des premières réflexions de protection biologique, au début elle va être perçue par les autres viticulteurs comme un ovni, pourtant Jean-Pierre Fleury, fils de Robert, va faire des recherches pour favoriser le travail du sol et le traitement par le biais de molécule organique sur son vignoble.

C’est en 1992 qu’il convertit la totalité de son vignoble en culture biodynamique, autant dire un des premiers en Champagne.

Le Champagne et surtout le savoir-faire du Champagne Fleury sont une référence en Champagne.

L’aube est productrice de Champagne innovant, sans la renommé de leurs vignobles il cherche donc de l’originalité dans leurs vinifications, une originalité appréciée des plus connaisseurs.

 

Voici un exemple de cuvée parmi la gamme Fleury :

 

Cette cuvée a été élevée de façon traditionnelle et authentique à partir des mouts de nos plus vieilles vignes.

Seules les levures indigènes du raisins ont permis la fermentation naturelle, en fut de chêne de 200 litres.

Une grande complexité aromatique caractérise cette cuvée, à l’image de celles dont il avait le secret.

L’histoire du Champagne Salon

 

Une histoire de famille :

C’est en 1911 que Eugène-Aimé Salon qui a fait fortune dans le commerce de la fourrure a Paris, amoureux de du terroir du Mesnil va faire du Mesnil-sur-Oger le berceau du Champagne Salon.

Portrait d’Eugène-Aimé Salon

 

Eugène-Aimé Salon a donc commencé à faire du Champagne au Mesnil-sur-Oger avec une exigence inébranlable et crée le Champagne de ses désirs, un blanc de blancs. Cette production est rare, car la production de Eugène-Aimé Salon est un des premiers blancs de blancs. Au départ cette production est entièrement réservée à sa consommation personnelle ou pour ses amis.

C’est seulement en 1920 qu’il décide de commercialisé cette production, c’est donc la création de la marque « Champagne Salon » , les vins sont élevés entre huit et dix années en cave et surtout ce qui fait la particularité, la qualité et le style Salon ce sont les millésimes, les millésimes ne sont faits que si elle est jugée parfaite, et sur ce point le Champagne Salon est strict, pour preuves, sur 100 vendanges (1 siècle) le Champagne Salon n’est sorti que 37 millésimes.

Le Champagne Salon

Le mot qui suffit à qualifier le champagne Salon c’est : unique

Car pour faire le Champagne Salon il faut :

– Un seul terroir, la Côte des Blancs

– Un seul cru, le Mesnil-sur-Oger

– Un seul cépage, le chardonnay

– Une seule année, millésimée

L’essentielle de la production du Champagne Salon vient d’une parcelle située donc au Mesnil-sur-Oger, cette parcelle s’appelle « Le Jardin Salon », voici ce qu’a dit Eugène-Aimé Salon sur cette parcelle,

A cet emplacement précis, l’équilibre est parfait.

Salon de nos jours c’est un gage de qualité reconnu, en France, mais aussi dans le monde, plus particulièrement l’Asie qui depuis 10 ans s’ouvre crée une forte demande des Champagnes Salon.

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